Keynotes

Les communs numériques, vecteurs d’une capacitation collective - Valérie Peugeot (SciencesPo)

Mercredi 21 Octobre

Longtemps les communs ont été un mode de gestion de nos ressources avant de sombrer dans l’oubli, balayés par la révolution industrielle et la sacralisation du droit de propriété.

Aujourd’hui, ils reviennent sur le devant de la scène, portés notamment par le numérique. Renouvellement des modes d’agir de l’acteur public, vecteur d’autonomie stratégique en contexte de tensions géopolitiques, affranchissement des big techs... les communs numériques, fruits de collaborations ouvertes et appuyés sur des gouvernances participatives, ouvrent des pistes pour regagner en capacité d’action collective.

portrait de Valérie Peugeot, keynote spearkers à IHM26

Valérie Peugeot a travaillé comme chercheuse en sciences sociales du numérique chez l’opérateur Orange de 2010 à 2023, où elle a enquêté sur entre autres sur les dispositifs numériques de contribution citoyenne dans la ville, la sobriété numérique ou encore l’inclusion numérique. Elle est aujourd’hui professeure affiliée à Sciences po. Elle y intervient comme conseillère scientifique de la spécialité numérique de l’École d’affaires publiques, spécialité où elle dispense également un cours dédié aux « politiques numériques des territoires ». Elle a notamment co-écrit avec Serge Abiteboul « Terra Data : qu'allons-nous faire des données numériques ? » (Editions du Pommier, 2017) Par ailleurs, successivement vice-présidente du Conseil National du Numérique de 2013 à 2016 et commissaire à la CNIL en charge du secteur de la santé de 2016 à 2024, elle est aujourd’hui membre du Comité de prospective de la CNIL et du Conseil National du Sida. Comme présidente de l’association Vecam (dissoute en 2022), elle a œuvré à promouvoir la question des communs de la connaissance dans l’espace public francophone. Actuellement, elle continue d’accompagner la mise en débat et la diffusion des communs à travers ses prises de paroles et publications. Impliquée de longue date dans le secteur de l’économie sociale et solidaire, elle est membre du Conseil d’administration de la Fondation du Crédit coopératif et du Conseil d’orientation du Labo de l’ESS.


Les outils numériques au service des enquêtes journalistiques - Antoine Schirer (BBC, Le Monde, ...)

Vendredi 23 Octobre

Jamais l’information n’a été aussi facile à diffuser, mais aussi à manipuler. Les avancées technologiques accentuent les inquiétudes liées à la désinformation, aux médias synthétiques et à l’érosion de la confiance. Mais elles offrent aussi de nouvelles possibilités pour renforcer le travail journalistique et mieux comprendre notre monde.

Cela nécessite de repenser les sources d’information et les méthodes pour les exploiter. De précieuses informations se trouvent dans des données non conventionnelles : archives vidéo, données géotaguées ou éléments graphiques affichés temporairement à l’écran. Combinées à la vision par ordinateur et à l’analyse de données à grande échelle, ces traces peuvent révéler des tendances autrement invisibles.

À travers des exemples d’enquêtes réelles, je montrerai comment les outils numériques peuvent renforcer le travail journalistique. J’examinerai comment l’identification créative de sources inhabituelles et des outils accessibles ouvrent de nouvelles perspectives pour le journalisme d’enquête, en transformant certaines technologies associées à la désinformation en alliées de la transparence et de l’information fiable.

portrait d'Antoine Schirer, keynote spearkers à IHM26

Antoine Schirer est journaliste, spécialisé dans les enquêtes visuelles et numériques, travaillant pour divers médias internationaux, dont la BBC, Le Monde et Mediapart. Venu au journalisme après une première carrière entre programmation, design et vidéo, il met aujourd'hui ses compétences à profit pour enrichir et approfondir le travail d'enquête. Analyse vidéo-forensique, scraping de données, modélisation 3D, motion design… Il combine ces méthodes, et en explore souvent de nouvelles, pour mettre au jour des informations d'intérêt public. Il a notamment pris part récemment à une vaste enquête de Reporters Sans Frontières à l’origine de la mise en demeure de CNews par l’Arcom ; une autre montrant comment le porte-avions « Charles-de-Gaulle » était facilement localisable via l’application de jogging Strava ; ou encore une contre-enquête, récemment nominée au prix Albert Londres, sur les violences policières de Sainte-Soline. Antoine intervient régulièrement en école et université, notamment à l'école de journalisme de Sciences Po (2026), à l'École de design Nantes Atlantique (2026) et à l'EHESS (2025).